HomeÉchos de chez-nous › LA VIE CHEZ-NOUS

LA VIE CHEZ-NOUS

UNIS PAR L’ESPÉRANCE…

Voilà le thème du pèlerinage du bon pape François en terre péruvienne. Du 18 au 22 janvier 2018, “un prophète s’est levé parmi nous… Dieu a visité son peuple.” Ce trop court passage du pape François a suscité des moments intenses de joie, d’espérance et surtout de foi profonde. Comme communauté établie à Lima, nous avons eu le bonheur de vivre de très près ces moments de grâces.

Le jour de son arrivée, une foule s’était rassemblée aux environs de l’avenue “La Marina” pour tout voir et ne rien manquer. On voulait surtout vibrer à l’unisson d’une joie communicative. Des milliers de personnes l’acclamaient avec des ballons blancs et jaunes, des bannières portant l’effigie d’un pape souriant et… beaucoup de larmes. Tous espéraient la bénédiction papale.

À la croisée de l’Avenue Brésil et Sucre, une belle statue de la Vierge Immaculée l’attendait pour être bénie. Une ovation massive a eu lieu à ce premier arrêt. Les maires des quartiers et de Lima lui ont remis symboliquement les clés de la ville.

À la Nonciature Apostolique, près de deux milles personnes l’attendaient avec des cantiques et des “Vive François!” C’est ici que la pape a prononcé ses premières paroles: “Merci d’être venus jusqu’ici ! Merci de tout cœur ! À vous et à vos familles je donne ma bénédiction. Priez pour moi, ne l’oubliez pas !’’

Le 19 janvier, le pape a voyagé en direction de Madre de Dios, dans l’Amazone, pour rencontrer les 3 500 représentants de diverses communautés indigènes venant de l’Équateur, de la Bolivie et du Pérou. C’est une femme, descendante du peuple originaire des Harakbuts, qui a pris la parole au nom des communautés natives menacées par le narcotrafic, la traite des personnes, l’invasion de leur territoire et l’exploitation des enfants, des ressources naturelles et l’inégalité. Les originaires ont survécu à beaucoup de cruauté et d’injustice… Le discours de cette femme représentante des femmes violées et exploitées sexuellement, a beaucoup ému le pape.  Une réponse concrète est prévue pour 2019, lors du Synode pour la défense des droits des Régions de l’Amazone.

Une autre rencontre a eu lieu au Foyer “Le Petit Prince”, où l’attendaient 300 enfants de différents foyers. Des chants, des rires et des échanges étaient au menu, mais aussi des réflexions sur la situation que vivent ces enfants.

Au milieu du jour, à la Place d’Armes de Puerto Maldonado, on pouvait assister à une interminable procession… De fait, les gens arrivaient des villes et villages avoisinants avec des images de leur dévotion respective pour les faire bénir. Environ 120 milles fidèles étaient rassemblés pour un vendredi chargé d’émotions…

Lors d’un parcours, le pape François a rompu le protocole de sécurité : il a arrêté la papemobile pour aller bénir une dame aveugle. Elle portait un écrit : «Je m’appelle Trinidad, j’ai 99 ans, je ne vois pas… je veux toucher ta main.» Quelle délicatesse ! À la Nonciature apostolique il y avait des milliers de personnes qui l’attendaient… Il les a remerciées en mentionnant les fidèles de Manchay où travaillent nos sœurs Huguette Bérubé et Lourdes Villafana.

Le 20 janvier, le pape rencontrait des religieuses cloîtrées dans le Sanctuaire du “Seigneur de los Milagros”. En compagnie de ces religieuses, il a récité la prière des Laudes. L’humour et la simplicité se sont ajoutés aux échanges qui ont suivi. La visite s’est terminée par des bénédictions et des remerciements appropriés.

Par la suite, une brève visite eut lieu à la Cathédrale de Lima où des religieuses et des prêtres étaient rassemblés pour une bénédiction des reliques des saints péruviens. (Nos sœurs Grisel Herrera et Francisca Cuevas étaient présentes.)

À son dernier passage au Centre de Lima, le pape a livré aux péruviens un message chargé d’émotions. Ce message s’adressait surtout à des jeunes arrivés très tôt pour l’entendre : ‘‘Ne vous découragez pas, allez de l’avant, tous ensemble ! Ne perdez pas l’espérance !”

Avant d’entreprendre le voyage prévu vers le nord, le pape François a eu une rencontre privée avec les membres de la Compagnie de Jésus, ordre auquel il appartient. Près de quatre-vingt-dix jésuites étaient présents.

À la partie nord du Pérou, le pape désirait visiter Trujillo. C’est là qu’eurent lieu les désastres, encore bien visibles, des dernières inondations. Depuis le 15 janvier, les “images sacrées” les plus importantes du nord péruvien sont réunies à la cathédrale de Trujillo. Elles ont été transportées jusqu’à l’esplanade de Huanchaco où le pape François a célébré la messe. Près d’un million de personnes ont assisté à cette célébration chargée de couleur, de ferveur, de joie, mais aussi de larmes. L’archevêque a qualifié cette manifestation de foi comme étant “la religiosité populaire la plus grande de l’histoire.’’

Après la messe, le pape a visité la zone “Buenos Aires’’ celle qui a été le plus affectée par les inclémences de la nature. Trois cents familles vivent de jour en jour l’amertume de l’abandon, car la reconstruction avance trop lentement. À chaque fois que le pape revient à la Nonciature, des milliers de personnes, y compris des malades, l’attendent pour recevoir des paroles de consolation et surtout sa bénédiction.

Le 21 janvier se terminait sa visite pastorale. Il s’est présenté au balcon de la Nonciature et il a demandé de prier pour lui. ‘‘Merci de prier pour que cette visite soit une bénédiction pour le peuple péruvien et pour chacun de vous. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi !” Puis, il a récité un Ave Maria. De nouveau, il a rompu le protocole d’usage pour se rapprocher des enfants malades et les bénir. Il a aussi accueilli quatre internes des centres pénitenciers qui lui ont remis en cadeau des chasubles et une peinture réalisées pour lui.

Une assistance de près d’un million et demi de personnes, provenant des différentes régions du pays, ont assisté à la messe que le pape a célébrée à la Base Navale de “Las Palmas’’. Ce fut, sans doute, le moment le plus intense de la visite du pape. La base navale s’était convertie, pour quelques heures, en un temple considéré comme étant le plus vaste de Lima. Les péruviens s’y étaient donné rendez-vous pour entendre le dernier message du pape. L’homélie qu’il a prononcée était chargée d’espérance, en même temps qu’elle invitait à cultiver l’amour du prochain, à demeurer solidaires et à aider les personnes qui souffrent. Le pape a rappelé que Dieu est constamment en mouvement dans la vie quotidienne, la routine du travail, l’éducation des enfants, l’intimité du foyer, le bruit de nos rues. C’est là qu’Il vient à notre rencontre, qu’Il marche avec nous et qu’Il nous enflamme d’espérance. Il a ajouté : ‘‘Je suis venu jusqu’à vous pour que vous vous engagiez de nouveau, comme un antidote contre la globalisation de l’indifférence. Chacun de vous avez contribué à ce que cette visite laisse une trace ineffaçable dans mon cœur. Prenez soin de l’espérance qui est vôtre ! Ne permettez pas qu’on vous la vole ! Restez unis, l’espérance ne déçoit pas. Que Dieu vous bénisse et n’oubliez pas de prier pour moi !”

Le souvenir de ces jours vécus avec le Pape François restera à jamais gravé dans nos  cœurs… Nous voulons mettre en pratique ses enseignements et continuer à vivre UNIS DANS L’ESPÉRANCE.

Cécile Maheux, ndps