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Dans les pas des fondateurs (1920-1940)

Héritières spirituelles des fondateurs


1_Hospice Saint-Bernard, Lac Vert
Hospice Saint-Bernard, Lac Vert

 

2_Maison du Fargy, Beauport
Maison du Fargy, Beauport

 

Après la mort du père Brousseau en 1920, l’œuvre de la congrégation se poursuit dans le même esprit de dévouement, d’accueil inconditionnel et d’amour pour les miséreux. Dans le sillage des fondateurs, la communauté continue le développement des activités apostoliques dans le champ des soins pour les personnes âgées, l’accueil des enfants abandonnés, l’apprentissage des travaux domestiques et l’enseignement.

En 1926, deux ans après le départ des frères de Notre-Dame des Champs au Lac Vert, le monastère change de vocation et devient l’hospice Saint-Bernard. Les vieillards y sont accueillis jusqu’en 1973. En 1939, la congrégation fait construire la maison du Fargy, à Beauport, pour assurer aux personnes âgées et aux orphelins du milieu les soins et l’attention nécessaires à leur condition.

Durant cette période, deux écoles ménagères ouvrent leurs portes à Saint-Damien : école ménagère Brousseau et école Notre-Dame des Anges.

Entre 1920 et 1940, vingt-huit écoles paroissiales sont sous la responsabilité des sœurs. Vingt et une issues de l’époque des fondateurs, puis sept nouvelles, dont une en Ontario, à Saint-Joseph-de-Hearst. Pour la première fois de leur histoire, deux religieuses quittent la Maison mère pour fonder un couvent à l’extérieur du Québec.

École ménagère Brousseau, Saint-Damien

École ménagère Brousseau, Saint-Damien

 

L’enseignement en Ontario français


4_Monseigneur Joseph Hallé

Monseigneur Joseph Hallé

 

"5_Couvent-pensionnat

Couvent-pensionnat Saint-Joseph, 1922

Le 5 août 1920, sœur Saint-Pierre et sœur Sainte-Colombe sont dépêchées à Hearst dans le nord-est ontarien. Un peu plus tard, d’autres sœurs viennent les seconder. Elles prennent en charge l’enseignement des enfants catholiques de langue française. « Minoritaires dans une province majoritairement anglophone, francophobe et souvent anticatholique, elles reçoivent comme principale mission d’y défendre la langue française et la foi catholique » ¹.

Elles répondent ainsi à l’appel de monseigneur Joseph Hallé, vicaire apostolique d’Ontario-nord. Ce dernier œuvre à la colonisation francophone de ce coin de pays.

Dans cette région isolée, tout est à bâtir et les rigueurs du climat s’ajoutent aux nombreuses difficultés rencontrées par les sœurs. Elles évoluent dans le dénuement qui caractérise les premières années d’établissement dans une région de colonisation.

« En plus des conditions matérielles ardues, les enseignantes doivent apprendre à composer avec un système scolaire avec lequel elles ont peu d’affinité et à vivre les pressions particulières que leur impose leur statut de minoritaires » ¹.

Dès les débuts, les religieuses vivent en permanence avec les pensionnaires et les orphelins au couvent-pensionnat Saint-Joseph. Elles enseignent à la fois aux internes et externes. Par la suite, les sœurs se partagent la tâche entre la nouvelle école du village et le couvent.

En 1941, moins de deux ans après la mort de monseigneur Hallé, les sœurs sont rappelées au Québec pour y enseigner. Malgré des embûches sans fin, ces pionnières de l’enseignement catholique de langue française n’ont jamais baissé les bras. Des centaines de familles sont touchées par leur bonté. Suite à leur départ, la communauté des sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge prend la relève.

¹ COULOMBE DANIELLE : L’incidence de l’éducation dans la création d’une communauté franco-ontarienne : le rôle du clergé et la contribution des sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Hearst, 1917-1942.

http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/s4/f2/dsk3/ftp04/nq25396.pdf

Couvent-pensionnat Saint-Joseph vers 1927

Couvent-pensionnat Saint-Joseph vers 1927

 

 

 

 

 

 

L’ère de l’enseignement ménager


7_Étudiantes, école ménagère Brousseau, Saint-Damien
Étudiantes, école ménagère Brousseau,
Saint-Damien

 

8_Exposition des oeuvres, école ménagère Sainte-Germaine
Exposition des œuvres, école ménagère Sainte-Germaine

 

À Saint-Damien, l’histoire des arts ménagers existe depuis les débuts de la fondation. Très tôt, les orphelines et les pensionnaires sont initiées à la couture, au tricot, à la broderie, etc. En 1920, elles emménagent dans le pavillon d’été des sœurs missionnaires. L’établissement devient l’école ménagère du Sacré-Cœur. En plus des diverses matières du cours classique, le programme les prépare à assumer les responsabilités au foyer.

En 1939, poursuivant l’œuvre déjà amorcée, la communauté fonde l’école ménagère Brousseau qui devient Institut familial en 1952. Surnommée « école de bonheur », le programme régulier de quatre ans combine la culture intellectuelle, la formation spirituelle et familiale. L’objectif premier de l’institut est de préparer les jeunes filles à être des « femmes dépareillées », féminines, pieuses, instruites et sachant tenir maison. Le second objectif est de former des « apôtres de l’éducation familiale » et des enseignantes spécialisées.

À partir de 1940, un parcours s’adressant aux candidates à la vie religieuse est offert à l’école Notre-Dame des Anges. Elles bénéficient de la même formation que leurs consœurs des écoles ménagères régulières avec une attention particulière à la vocation.

En 1949, l’école ménagère de Sainte-Germaine (Lac-Etchemin) propose un cours abrégé intensif s’étendant de trois mois et demi à quatre mois. Le programme s’adresse aux jeunes femmes se préparant au mariage. On y enseigne la couture, l’art culinaire, le tricot, la broderie, le tissage et la chapellerie.

Puis, en 1958, la communauté introduit un cursus académique d’une durée de deux ans, à l’école des Arts familiaux de Saint-Damien. L’enseignement est orienté vers la vocation familiale. Ce cours répond à une consigne donnée par le pape Pie XII : « Unir toutes les forces vives vers le sauvetage de l’éducation féminine et familiale ».

À la fin des années 1960, les sciences familiales s’inscrivent dorénavant dans les programmes académiques du secondaire public. Progressivement, les portes se ferment sur l’ère des écoles ménagères.