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Perturbations et renouveau (1960-1980)

Un vent de changement (Vatican II, révolution tranquille)


La congrégation, alors à son apogée institutionnelle, entre dans un temps de changement avec la décennie 1960. Le cadre traditionnel dans lequel elle vit depuis la fondation commence lentement à se modifier. Deux événements clés contribuent au profond mouvement de transformation qui s’amorce.

Au plan social, le processus de sécularisation en gestation dans les années 1940-1950 s’engage vers 1960 avec la Révolution tranquille. L’État prend en charge l’éducation, la santé et les services sociaux : des services jusque-là dispensés par les communautés religieuses.

Au plan ecclésial, le concile Vatican II, ouvert en 1962, se manifeste comme un vent de fraîcheur dans l’Église. Les instituts religieux sont invités à retourner aux sources, aux fondateurs et au charisme premier. Un processus d’innovation s’enclenche et les œuvres se diversifient. En même temps, la décroissance des effectifs religieux s’accentue.

Jean Lesage, premier ministre du Québec, père de la Révolution tranquille

Jean Lesage, premier ministre du Québec, père de la Révolution tranquille

Pape Jean XXIII, instigateur du concile Vatican II (1962-1965)

Pape Jean XXIII, instigateur du concile Vatican II (1962-1965)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Turbulence et essoufflement


22_Ferme Brouseau

Ferme Brousseau

 

23_Atelier dentaire 1968

Atelier dentaire 1968

 

De par sa situation rurale, la communauté entre en contact plus lentement avec le phénomène de la sécularisation de la Révolution tranquille. Malgré tout, les temps changent et les orientations aussi. Avec le rapport Parent, la création du ministère de l’Éducation et la loi de l’enseignement privé, le monde de l’éducation se modifie. De nouvelles structures scolaires s’établissent. Dans les années 1970, l’ère des écoles ménagères et de l’école normale n’est plus et les sœurs se retirent d’une trentaine d’écoles paroissiales.

À partir de 1967, l’enseignement agricole ne fait plus partie du paradigme éducatif de la congrégation. À l’aube des années 1970, les orphelinats disparaissent au profit de structures modernes d’aide à l’enfance.

L’organisation des services communautaires doit s’ajuster. Jusqu’en 1970, à la Maison mère, on retrouve une très grande diversité de services assumés par les religieuses : les soins de santé incluant l’infirmerie, la pharmacie, l’atelier dentaire, l’otorhinolaryngologie, l’ophtalmologie, la phytothérapie, etc. Des sœurs travaillent à l’imprimerie, sur la ferme, dans les jardins, à la boulangerie, la buanderie, la cordonnerie, dans les cuisines et les salles de coutures, etc. Au cours des années, la communauté passe d’une infrastructure communautaire autarcique à un service plus global et interdépendant. L’embauche de travailleurs laïques à l’emploi de la congrégation devient une nécessité.

Parallèlement, la communauté entre dans une période de déstabilisation. Les changements dans l’éducation et la santé introduisent une nouvelle façon d’exercer leur apostolat. Les sœurs font l’apprentissage d’un nouveau rapport au monde qui influence le style de vie conventuel. De plus, la décroissance rapide des effectifs, dû au non recrutement, au vieillissement et aux nombreuses sorties depuis la fin des années 1960 entraîne un réaménagement des œuvres.

Une étape de redéfinition de leur manière d’être en communauté et dans la société s’amorce.

Foyer Thérèse Martin, Rivière-Ouelle

Foyer Thérèse Martin, Rivière-Ouelle

 

 

 

 

 

 

 

Paysage apostolique en transformation


25_Au foyer Thérèse Martin, Rivière-Ouelle
Au foyer Thérèse Martin, Rivière-Ouelle

 

26_100 ans de présence à Saint-Basile, Portneuf
100 ans de présence à Saint-Basile, Portneuf

Avec les transformations sociales des années 1960-1980, la communauté s’ouvre à de nouvelles façons d’exercer sa mission et oriente ses activités vers d’autres secteurs.

La pratique pédagogique se transforme et les normes de qualification augmentent. Dorénavant, les religieuses partagent la direction et l’enseignement dans les écoles laïques. Elles sont membres du corps enseignant des écoles primaires, des polyvalentes et des collèges.

Graduellement, les religieuses délaissent l’enseignement et cherchent d’autres manières de s’insérer dans la paroisse. Le champ de la pastorale paroissiale, scolaire et diocésaine se déploie et leur permet de se maintenir dans un univers ecclésial, près de leur formation religieuse. Après une première expérience en 1915 et 1918, le service des presbytères reprend dans la décennie 1970. Les sœurs œuvrent dans vingt-six presbytères répartis dans les régions de Chaudière-Appalaches, Québec, Bas-Saint-Laurent et Côte-Nord. Diverses tâches leurs sont confiées : secrétariat, réception, entretien ménager, cuisine, sacristie, chorale, service pastoral, etc.

Le domaine de la santé connaît une certaine stabilité. Des religieuses complètent le personnel soignant et administratif des centres d’accueil et des foyers pour personnes âgées. Les études en sciences infirmières augmentent pour répondre aux demandes de ces milieux ainsi que des pays de mission et de la Maison mère.
Une première expérience de collaboration se vit dans la mise en œuvre d’un projet au centre de bénévolat à Montmagny en 1979.

L’ajustement apostolique qui s’ensuit conditionne le modèle de vie communautaire dans la mission. L’action des religieuses commence à passer d’un engagement au service d’une œuvre commune à un engagement plus individuel, en divers lieux, dans des activités apostoliques reliées à la mission de l’institut.

Quant à la vie missionnaire ad extra, la congrégation intensifie son action en République Dominicaine et en Afrique. En 1974, elle ouvre une mission en Amérique du Sud.

Foyer Thérèse Martin, Rivière-Ouelle

Foyer Thérèse Martin, Rivière-Ouelle