Pressens-tu un bonheur ?

Si nous pouvions savoir qu’une vie heureuse est possible,
même aux heures d’obscurité…
Ce qui rend heureuse une existence, c’est d’avancer vers la simplicité :
la simplicité de notre cœur, et celle de notre vie.

Pour qu’une vie soit belle, il n’est pas indispensable
d’avoir des capacités extraordinaires ou de grandes facilités :
il y a un bonheur dans l’humble don de sa personne.
Quand la simplicité est intimement associée à la bonté du cœur,
un être humain même tout démuni
peut créer un terrain d’espérance autour de lui.

Oui, Dieu nous veut heureux !
Mais il ne nous invite jamais à demeurer passifs,
jamais à être indifférents à la souffrance des autres.
Bien au contraire :
Dieu nous suggère d’être des créateurs et des créatrices,
et de parvenir à créer aussi au moment des épreuves.

Notre vie n’est pas soumise aux hasards d’une fatalité ou d’un destin.
Loin de là ! Notre vie prend un sens quand elle est avant tout,
réponse vivante à un appel de Dieu.

Mais comment reconnaître un tel appel et découvrir ce qu’il attend de nous ?
Dieu attend que nous soyons un reflet de sa présence,
porteurs d’une espérance d’Évangile.
Qui répond à cet appel n’ignore pas ses propres fragilités,
aussi garde-t-il en son cœur ces paroles du Christ :
« Ne crains pas, crois seulement ! »
Rien n’est impossible à Dieu.

Frère Roger, Lettre de Taizé 2001, (Extrait)