La prière évangélise notre inconscient

Les profondeurs de notre être elles-mêmes sont à évangéliser.
C’est jusqu’aux sources de notre affectivité
et jusqu’aux racines de notre inconscient
qu’il faut aller porter la bonne nouvelle de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ.

Notre inconscient, dit-on, a enregistré toutes les blessures reçues dès notre plus tendre enfance.
Notre inconscient, dit-on, garde en mémoire les frustrations premières de notre vie.
Il a besoin que nous lui annoncions la bonne nouvelle d’un Dieu
qui nous aime depuis toujours et qui nous aimera toujours :

Dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu. (Ps 21, 11)
Mon père et ma mère m’abandonnent; le Seigneur me reçoit. (Ps 26, 10)
Dans la prière, c’est cet amour de Dieu
qu’il faut annoncer à l’enfant meurtri et blessé qui est en nous,
l’enfant que nous demeurons toujours dans une part de nous-mêmes !
Seule la tendresse de Dieu est capable de le guérir et de le libérer aujourd’hui !

Ne perdons surtout pas notre temps à accuser les autres de nos blessures…
Choisir cette voie, c’est nous tromper !
Ceux et celles qui ont pu nous blesser, parfois sans s’en rendre compte,
étaient des êtres blessés, peut-être plus blessés que mauvais.

Dans la prière, apprenons à nous tourner vers celui qui nous offre son amour,
car il sait que, de diverses façons et à des degrés variables,
nous sommes tous des enfants blessés : ses enfants !
Un jour puissions-nous lui dire avec le priant du psaume :

« Mon âme est en moi comme un petit enfant blotti contre sa mère. »
(Ps 130,2)

Mgr Yvon-Joseph Moreau

Mgr Yvon-JosephMoreau, Respirer Dieu, Médiaspaul, 2014